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À 26 ans, Hanna quitte le confort des institutions européennes pour fonder le Phare du Kanaal, le premier coworking-café de Bruxelles. Elle nous ouvre les portes de son phare et de ses marins qui trônent sur la côte molenbeekoise.

Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Hanna et j’ai 30 ans. Française, je vis à Bruxelles depuis quelques années. Après des études en relations internationales et en sciences politiques, je suis arrivée ici pour travailler à la Commission européenne.

Quel a été le déclic ?

Je commençais à m’ennuyer dans mon travail, mais je suis tombée sous le charme de la ville. J’ai regardé autour de moi, j’ai constaté qu’il manquait un lieu à Bruxelles pour les indépendants à la recherche de flexibilité. Je voulais un endroit où l’on peut très bien venir pour la journée. Je suis allée visiter plusieurs lieux à Paris, à Londres, à Amsterdam… puis j’ai décidé de me lancer. Je me suis associée avec Julien, il venait de l’HORECA. Les rôles se sont très vite installés, il s’est chargé de l’espace café, je me suis concentrée sur le coworking.

(c) Charline Albert

Quelles ont été les grandes étapes de la création du Phare ?

La condition sinequanone pour lancer le projet était l’obtention d’une bourse. À l’époque, j’avais 26 ans, peu d’argent en poche et les banques étaient frileuses. Grâce à Atrium et à mon guichet d’économie locale, je me suis formée en comptabilité. On nous a attribué un coach, nous avons créé un business plan, trouvé un lieu et obtenu la bourse Open Soon. Comme nous nous trouvons en zone d’investissement prioritaire, la bourse nous a permis de payer les 12 premiers mois de loyer. Nous avons aussi mené une campagne de crowdfunding, c’était une bonne campagne de communication. Ce fut aussi l’occasion de montrer les images du phare, même s’il était encore en travaux.

Quels ont été les plus gros obstacles ?

Plutôt qu’un obstacle, j’ai envie de parler de sacrifice. La première année avec Julien, je suis incapable de vous dire combien d’heures nous avons passées ici. Nos amis ne nous voyaient plus, nous n’avions plus de vie sociale. L’investissement financier fait bien sûr toujours peur. J’ai mis un peu de fond propre, mais je n’en avais pas beaucoup. La bourse nous a beaucoup aidés. Les banques privées ne nous ont pas fait confiance, nous avons dû emprunter auprès de Brusoc (Brussels Finance). Le challenge lorsqu’on a ouvert c’était de réussir à communiquer le fait que ce soit un double espace. C’est le premier du genre à Bruxelles et les gens rentraient en disant : « Excusez-moi je veux juste prendre un café, c’est possible? ».

Quelles ont été les plus belles victoires ?

Avec Julien, il était hors de question de créer un lieu impersonnel. On voulait un lieu qui nous ressemble, un lieu humain. En arrivant on s’est présenté, on a beaucoup échangé avec les gens du quartier, les ASBL, la commune. On a réussi à créer une belle communauté. Nous organisons des événements, des expositions… Parfois, les coworkers ne montent pas à l’étage et décident de rester dans l’espace café. Aujourd’hui, nous avons une cinquantaine de membres actifs. En semaine, à l’heure du lunch, c’est la folie ! le week-end nous proposons des brunchs et l’ambiance est aussi très sympa.

Le meilleur conseil à donner ?

Bien s’entourer, c’est clairement ce qui m’a aidé. C’est très chouette d’avoir les encouragements bienveillants des familles et des proches. En revanche, développer son réseau pro, toquer à plusieurs portes, c’est essentiel ! 


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