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À Bruxelles, l’artiste belgo-iranienne Sanam Khatibi réveille les pulsions primaires de l’animalité humaine. Un propos engagé mêlant paysages exotiques, sensualité et bestialité. Rencontre dans son atelier, entre ses nombreuses toiles et tubes de peinture.

Lorsqu’il est question de présentation, Sanam Khatibi ne tergiverse pas: “Je suis le peintre qui ne sait pas peindre, mais qui sait dessiner”. La couleur est annoncée. Cette artiste aux toiles gigantesques, aux paysages séduisants et exotiques n’a jamais étudié l’art. Une véritable outsider comme elle aime se définir qui ne finit pas de troubler son spectateur.

Après des expositions à succès à Londres, Los Angeles et Bruxelles Sanam Khatibi nous prouve qu’avec l’art, rien n’est impossible. “Etre artiste, c’est une vie de solitaire faite de moments très violents avec soi-même. Mais quand je suis là, dans mon atelier en train decréer, ce sont les moments les plus forts et je n’ai besoin de rien d’autre“, nous confie-t-elle dans son atelier, véritable cocon situé au fond d’un jardin luxuriant au coeur de Bruxelles.null

© Sanam Khatibi

Iranienne d’origine, elle fut bercée depuis sa plus tendre enfance par des contes persans peuplés d’animaux et d’histoires de chasse. Son travail est la synthèse de plusieurs influences comme Bosch et les grands maîtres, puis en grandissant par les tapisseries flamandes de sa grand-mère danoise, dont on retrouve les traces dans son salon.

“Les explications se créer dans les sentiments”

L’artiste dérange le spectateur en abordant des thèmes touchant au plus profond de nos instincts primaires. L’artiste questionne l’animalité humaine, la perte de contrôle, la domination, la soumission: “Je suis intriguée par la dualité: on est souvent attirés par deschoses qui nous font peur. Dans mes tableaux, on ne sait pas si les femmes chassent pardistraction, pour survivre ou pour le plaisir de faire mal.”Un thème qui selon elle choque par simple modification des stéréotypes.

© Makers

Des hommes qui chassent ne perturbent pas l’ordre naturel de nos représentations. L’artiste déstabilise en changeant les sexes de ses personnages, en les dénudant et en amenant de la sensualité là où la violence devrait régner. “On trouve mon travail parfois violent. Si je devaisme faire une critique, c’est qu’il ne l’est pas assez“. Comme dans un jardin à la végétation luxuriante, l’exposition Rivers in your mouthinvite à la perte de contrôle au coeur d’une atypie édénique.


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