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“Notre business model est simple : nous avons très peu de références”

Julien et Quentin sont des agitateurs du bien manger. En créant The Barn, un magasins bio de 500m2, ils ont réussi le pari du bio local et accessible. Le duo semble avoir astucieusement pris racine.

Quel a été le déclic ?

L’aventure a débuté pendant l’été 2016 lorsqu’on a décidé Quentin et moi de quitter notre poste de directeur de magasin chez Décathlon. À l’origine, on est deux copains d’enfance. Depuis longtemps on parlait d’entrepreneuriat, on savait que c’était quelque chose qui nous tentait. On a toujours été consommateur de bio, mais jamais acteur… On voulait agir dans ce sens, faire partie de cette vague. Aujourd’hui certes on ne change pas le monde, mais on essaye de faire quelque chose de bien. C’est juste génial d’entreprendre dans un secteur rentable où tu sais que tu fais du bien à la planète. On aide une communauté à mieux se nourrir et des producteurs peuvent vivre grâce au projet.

Quel est le concept ?

On a eu envie de créer un endroit à Bruxelles où on peut trouver des produits incroyables à un prix imbattable. Notre objectif est d’aider la production locale, biologique, durable et de qualité en Belgique. Pour cela, on travaille avec de tous

petits producteurs. Notre philosophie est de proposer un marché avec des produits basiques hautement qualitatifs et rendre le bio accessible au plus grand nombre.

Comment êtes-vous parvenus à lancer le projet ?

L’écriture du business plan a pris quatre mois, après on s’est concentré sur lieu on devait trouver un local avec un superficie adaptée à ce qu’on allait vendre. On a beaucoup cherché avant de tomber sur cet espace de 500 m2 à Etterbeek. Tout de suite, on a eu un gros coup de cœur ! Trois mois de travaux ont suivi, pendant ce temps on cherchait des producteurs, des collaborateurs. Après six mois de préparations, le magasin a ouvert ses portes le 5 mai 2017. Je crois que la grande réussite, c’est d’avoir osé viser haut et grand tout de suite. On aurait pu commencer sur 100 m2 et puis voir par la suite. On a préféré prendre un risque dès le début et on a bien fait. Le premier jour, il y’avait une queue jusqu’au parking, et c’était parti !

Comment avez-vous réussi à faire du bio à des prix si intéressants ?

Notre business model est simple : nous avons très peu de références. Nous travaillons actuellement avec 400 produits. Dans un magasin traditionnel, vous en trouverez dix fois plus. Nous avons à chaque fois, une seule référence par produit : ce qui nous permet de travailler sur des gros volumes avec beaucoup de rotations. En achetant en masse, notre prix d’achat est plus intéressant et le prix de vente l’est également. Pour que notre modèle fonctionne, on a besoin de vendre beaucoup, car on prend peu de marge. En effet, si l’on veut mettre le producteur en avant, on ne va surtout pas commencer à négocier les prix. Grâce à ce concept, on a déjà vendu quelques fois les produits avant même de payer le producteur. Ainsi, le magasin ne contient pas de stock dormant et tout le monde y gagne.

Quels sont les obstacles que vous avez rencontrés ?

Je crois qu’un obstacle que tout entrepreneur rencontre concerne la période d’avant ouverture, car on se trouve dans une zone assez grise. On arrête de travailler, on a plus de rentrées d’argent. On passe son temps à mettre ses idées sur papier, mais ça ne reste que des potentialités que l’on se doit de concrétiser. On a eu la chance de pouvoir suivre notre business plan quasiment à la lettre. C’était tout de même compliqué au départ : il y’a eu tellement de monde qu’on avait beaucoup de mal à absorber le flux. On a dû réagir et recruter très rapidement.

Heureusement, on était deux à se partager les tâches. Quentin se concentrait sur l’opérationnel en magasin, moi je m’occupais du recrutement. C’était aussi compliqué avec nos fournisseurs, ils n’étaient pas du tout prêts à nous fournir autant de fruits et légumes. On a dû chercher des alternatives, mais c’est plutôt une agilité qui était nécessaire à ce moment précis. C’est là qu’on prend conscience qu’il ne faut pas toujours suivre les procédures en place, mais plutôt s’adapter et trouver des solutions rapidement.

La plus belle victoire depuis le lancement ?

Dès le premier jour, 500 clients sont entrés. Depuis, chaque mois cela augmente. C’est juste incroyable ! Ce succès nous a permis de baisser nos prix de 15 % depuis l’ouverture. Je dois reconnaître qu’on vit un entrepreneuriat très positif qui nous permet de mettre notre énergie dans la création de valeur de l’entreprise plutôt que de stresser avec l’aspect financier. Aujourd’hui on n’est plus opérationnels dans le magasin et on a ouvert un deuxième établissement Chaussée de Charleroi à Ixelles. On n’a très vite su rendre l’équipe autonome, gérée à la manière d’une entreprise libérée. Chacun prend ses propres initiatives par rapport à ses talents et en fonction de ses intérêts.

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